garnison


garnison

garnison [ garnizɔ̃ ] n. f.
• 1285; « action de garnir » XIe; de garnir
Troupes qu'on met dans une place, pour en assurer la défense et tenir le pays. Garnison d'une ville frontière. Par ext. Corps de troupes caserné dans une ville. Être en garnison, tenir garnison à Metz. Major de garnison.
Ville de garnison, où séjourne une garnison. — Vie de garnison, telle qu'on la mène dans une garnison.

garnison nom féminin (de garnir) Aire géographique à l'intérieur de laquelle stationnent des unités et sont implantés des établissements des armées. Ensemble des troupes stationnées dans une ville ou dans un ouvrage fortifié ; la ville elle-même. Accessoire rapporté sur une pièce d'orfèvrerie par soudure ou autre moyen (couvercle, pieds, bec, anse, etc.). ● garnison (expressions) nom féminin (de garnir) Service de garnison, service qu'un corps de troupes doit fournir pour les besoins de la place où il tient garnison ; l'organisme chargé de diriger les prescriptions de ce service. ● garnison (synonymes) nom féminin (de garnir) Service de garnison
Synonymes :

garnison
n. f. Troupe casernée dans une ville, une place forte. Le général commandant la garnison de X.
|| Par ext. Ville où sont casernées des troupes. Une garnison agréable.
Tenir garnison, être en garnison.

⇒GARNISON, subst. fém.
I. — Vx. Action de garnir. (Dict. XIXe et XXe s.).
ORFÈVR. Pièce de garnison, p. ell. garnison. Pièce appliquée à un ouvrage par soudure. Ouvrage doré par garnison. Ouvrage partiellement doré (Dict. XIXe et XXe s..
II. — Domaine militaire.
A. — Ensemble de troupes occupant une place, une forteresse pour la défendre. Renforcer la garnison (Ac. 1798-1878). La garnison fut forcée de capituler (DG). Après deux mois d'une héroïque résistance, la garnison dut se rendre (Ac. 1932).
B. — P. anal. Ensemble de troupes stationnées dans une ville. Charles VII (...) accoutuma les villes à recevoir de petites garnisons royales; c'était la conséquence forcée de la formation des troupes régulières (BACH.-DEZ. 1882). La garnison anime aussi quelque peu les cabarets trop nombreux (VERLAINE, Œuvres posth., t. 1, Souv. et fantais., 1896, p. 217). Toute la garnison est consignée (DAVAU-COHEN 1972).
Ville de garnison, p. ell. garnison. Ville où stationne au moins une unité de l'armée, même en temps de paix. Changer de garnison. Une garnison triste, plaisante (DUB.). Les villes de l'est de la France ont été au XIXe siècle, et jusqu'à un passé récent, essentiellement des villes de garnison (GEORGE 1970) :
Son père (...) le fit inscrire au corps comme enfant de troupe, et jusqu'à l'âge de douze ans, il mena, de garnison en garnison, une vie saine et pittoresque.
A. FRANCE, Vie littér., t. 4, 1892, p. 277.
Locutions
Loc. verb. Être en garnison à + nom de lieu. [En parlant d'une pers.] Être affecté à une troupe casernée dans ce lieu. Mon grand-père, étant en garnison à Nancy (BARRÈS, Cahiers, t. 13, 1921, p. 192). Tenir garnison à + nom de lieu. [En parlant d'un régiment] Être installé dans ce lieu. P. anal. Dupétral prend le papier, le développe, aperçoit un morceau de roquefort dans lequel les vers tenaient garnison (KOCK, Âne M. Martin, 1862, p. 163).
Loc. subst. Vie de garnison. Vie que mènent les militaires dans une garnison en temps de paix. Ayant hérité d'une fortune considérable, il s'était dégoûté de la vie de garnison (MÉRIMÉE, Double mépr., 1833, p. 4). [Cette idée] suffisait à l'occuper, lui faisait revivre sa vie, depuis la naissance du petit (...) jusqu'à cette existence étroite de garnison (ZOLA, Cap. Burle, 1883, p. 5). Amours de garnison (vieilli). Amours de passage. Avez-vous vu dans vos amours de garnison beaucoup de mains aussi blanches (DUMAS père, Tour Nesle, 1832, I, tabl. 2, 5, p. 21). Et si leur cœur [aux vétérans] bat pour quelque belle, gageons que, indépendamment des amours vénales de garnisons, c'est pour quelque noire ou métisse gaillarde de par là (VERLAINE, Œuvres compl., t. 5, Quinze jours en Holl., 1893, p. 262). ,,Mariage de garnison. Mariage mal assorti`` (LITTRÉ).
REM. Garnisonner, verbe. a) Emploi trans. Occuper (un lieu) pour y tenir garnison. Cependant cinq ou six bergers mandés par Colomba arrivèrent pour garnisonner la tour des Della Rebbia (MÉRIMÉE, Colomba, 1840, p. 121). b) Emploi intrans. Être en garnison (à un certain endroit). P. anal. Le capitaine Raoul, gentil garçon, vingt-sept ans, fortement atteint de la papillonne, a mis dans sa tête qu'il épouserait la petite Toinon (...). Mme de Rénald l'écoute d'abord en riant (...) elle sait qu'il a l'humeur voyageuse et ne garnisonne jamais longtemps (A. DAUDET, Crit. dram., 1897, p. 117).
Prononc. et Orth. : []. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. [Fin XIe s. garnisson « défense, protection » (Genèse 41,40 ds RASCHI Bible, p. 13)]; ca 1250 garnisson « id. » (R. DE FOURNIVAL, Le Bestiaire d'amour, éd. C. Segre, p. 134, var. ms B); 2. a) 1155 guarnisun « approvisionnement » (WACE, Brut, éd. I. Arnold, 9961); b) ca 1176-84 « équipement » (G. D'ARRAS, Ille et Galeron, éd. E. Löseth, 279); 3. a) ca 1200 « corps de troupes qu'on met dans une place pour la défendre » (Antioche, éd. P. Paris, II, p. 289); 1213 « construction de défense, ville fortifiée » (Faits des Romains, éd. L. F. Flutre et K. Sneyders de Vogel, p. 85, 32); 1283 « ville où l'on met des troupes en garnison pour la garder » (PH. DE BEAUMANOIR, Coutumes Beauvaisis, éd. Am. Salmon, 88); 1835 ville de garnison « ville où est casernée habituellement une garnison » (Ac.); b) 1425 jurid. (Ordonnances des rois de France de la troisième race, t. 13, p. 90); 4. a) ca 1260 « garniture (d'une selle) » (E. BOILEAU, Métiers, éd. G.-B. Depping, p. 210); b) 1633 doré par garnisons « par places, les autres parties restant blanches » (Invent. de Marie Cressé ds HAVARD); c) 1690 orfèv. pièce de garnison (FUR.). Dér. de garnir; suff. -ison (-aison). Fréq. abs. littér. : 999. Fréq. rel. littér. : XIXe s. : a) 2 337, b) 1 087; XXe s. : a) 940, b) 1 106.

garnison [gaʀnizɔ̃] n. f.
ÉTYM. 1213, « établissement de troupes dans un lieu à défendre »; « armure », XIIIe; de garnir.
1 (1623). Vx. Action de garnir.(1690). Techn. Mod. || Pièce de garnison : pièce soudée au corps d'un objet d'orfèvrerie. || Ouvrage doré par garnison, doré par places.
2 (1285). Troupes placées dans une place, pour en assurer la défense et tenir le pays. || Ville forte munie d'une garnison (→ Citadelle, cit. 1). || La garnison d'une ville frontière (→ Brûler, cit. 53.3). || La garnison s'est défendue vaillamment, a été forcée de se rendre.
1 J'appelle garnisons les gendarmes (hommes de guerre) qui sont disposés par les villes limitrophes pour la conservation de tout le pays.
Calvin, Institution de la religion chrétienne, 1201, in Littré.
2 Le roi fit la garnison prisonnière de guerre, et entra dans Valenciennes, étonné d'en être le maître.
Voltaire, le Siècle de Louis XIV, XIII.
3 Le silence était profond, et l'ombre épaisse sur les tours du vieux Vincennes. La garnison dormait depuis neuf heures du soir. Tous les feux s'étaient éteints à six heures par ordre des tambours. On n'entendait que la voix des sentinelles placées sur le rempart (…)
A. de Vigny, Servitude et Grandeur militaires, II, III.
(1825). Corps de troupes caserné (cit. 2) dans une ville. || La garnison est au complet. — ☑ Loc. Être en garnison, tenir garnison à Metz. || Ville de garnison, où séjourne une garnison. || Major de garnison. || Officier de garnison. || Bureau de garnison.
4 Il en fut de même pour les militaires, qu'on rassembla de nouveau dans les casernes restées libres : ils reprirent une vie normale de garnison.
Camus, la Peste, p. 293.
(V. 1283). Ville où est casernée une garnison. || Cette ville est une garnison agréable. || Changer de garnison. || Regagner sa garnison. || Commandant d'armes d'une garnison.
5 Les soldats et les officiers ont ces airs ineffaçables de gentlemen, résolus et discrets, qu'ils portent au bout du monde, jusque dans les garnisons de la colonie du Cap et les établissements de l'Inde (…)
Baudelaire, Curiosités esthétiques, XVI, VI.
6 (…) la pire garnison où le hasard (…) pût m'envoyer pour mon début.
Barbey d'Aurevilly, les Diaboliques, « Le rideau cramoisi ».
De garnison. || Mener la vie de garnison. — ☑ Loc. fig. (Av. 1850). Amours, conquêtes de garnison, de passage (comme en peut avoir un militaire qui ne reste pas longtemps dans une garnison).
DÉR. Garnisonnaire, garnisonner.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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  • garnison — Garnison. subst. f. Nombre de soldats qu on met dans une place pour la deffendre contre les ennemis, ou pour tenir les peuples dans le devoir, ou pour subsister durant l hiver. Il y a deux mille hommes de garnison en cette place. nous estions en… …   Dictionnaire de l'Académie française

  • Garnison — (fr.), 1) die zur Besatzung in einer Festung od. Stadt liegenden Truppen. Daher Garnisondienst, die Obliegenheit des Soldaten auf Wachen, Posten, bei Patrouillen etc. in den G en; 2) eine Festung od. offene Stadt, die einem Truppentheil während… …   Pierer's Universal-Lexikon

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  • garnison — (gar ni zon) s. m. 1°   Troupes qu on met dans une place pour la défendre ou y séjourner quelque temps. La garnison de Paris. Il est en garnison à Lille. Mettre garnison dans une ville. Tenir garnison dans une forteresse. •   Le roi fit la… …   Dictionnaire de la Langue Française d'Émile Littré

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